Nikolaï
Kupriakov
démarche artistique
La démarche est un parcours d’identité de l’artiste. Parfois altérable sur le plan créatif, mais constante dans ces principes de base, au fil des années elle compose une image qui nous défini comme une personnalité artistique.
Les principes :
Pratiquer la peinture dans le contexte des arts visuels actuel est déjà un défi. Souvent rester fidele à tes convections devient une menace pour ta carrière artistique.
Comment, donc, préserver ton intégrité dans un milieu où le succès de ta carrière dépend fréquemment de la quantité des amis dans les jurys de pairs.
Dans ce contexte les principes directeurs sont obligatoires :
– Resté fidèle et idéaliste envers ta discipline pratiquée, donc la peinture
– La pratique professionnelle doit se baser sur l’ensemble des connaissances en arts visuels et non sur la rupture où souvent l’originalité superficielle cache le vide de contenu
L’œuvre et l’approche :
»Si je n’ai rien à raconter je me tais » Henri Verneuil
Chaque peinture est une œuvre en soit même. Elle doit correspondre au sujet du moment et répondre aux exigences les plus élevés de tes contemporains. Les actualités nourrissent la création en lui permettant s’inscrire dans la temporalité en assurant sa pertinence.
La réalisation visuelle d’œuvre est plus importante que le discours qui l’accompagne. Quand le traitement pictural est capable communiquer d’une façon efficace l’idée et le concept de l’artiste, le discours n’a plus aucune nécessité de l’être.
Il est important que l’œuvre soit perspicace, éloquente et directe autant dans le traitement du sujet que dans la force de l’expression artistique. D’où l’obligation soumettre sa vocabulaire visuel (coloris, matériaux et structure compositionnel) au concept principal du contenu, contenu qui nécessairement parle.
Technique :
Les matériaux ne sont que des outils. Cependant, il est important d’être curieux et les explorer constamment afin d’enrichir le langage visuel d’œuvre. C’est pourquoi dans la création de
Nikolai Kupriakov on peut apercevoir à côté d’une penture à l’huile une technique mixte où la photo et la soudure s’intègrent parfaitement à la peinture.
Biographie
Né en Russie en 1963, Nikolai Kupriakov affirme avec certitude sa volonté de devenir artiste-peintre dès son jeune âge. Par la suite, sa vie et son parcours n’ont jamais dérogé du domaine des Beaux-Arts, qui selon lui, reste l’unique pilier de l’amalgame complexe que sont devenues les diverses pratiques en arts visuels.
Après avoir terminé ses études à l’École des Beaux-arts de Chuguev (Ukraine) en 1979, Nikolai Kupriakov pose les bases solides de sa formation artistique. Cette période marque le début de son parcours académique rigoureux dans le domaine des arts visuels.
En 1985, Nikolai Kupriakov obtient un Baccalauréat en Architecture de l’Institut Polytechnique de Irkoutsk, URSS. Parallèlement, il commence à travailler comme architecte à Vilnius. Il remporte deux concours d’envergure nationale, ce qui lui permet, malgré son jeune âge, de devenir membre de l’Ordre des architectes de Lituanie.
En 1990, il obtient un Baccalauréat en Enseignements des arts plastiques de l’Académie nationale des Beaux-arts de Vilnius, en Lituanie. Ses travaux artistiques sont alors marqués par un idéalisme teinté des succès rencontrés dans les milieux scolaires et universitaires. Il développe une intolérance croissante envers le régime soviétique.
En 1991, espérant trouver une société basée sur les valeurs de démocratie et de liberté individuelle, il s’installe au Canada. Ses premières années sont marquées par une lutte acharnée contre le système d’immigration pour pouvoir s’établir au Québec. Privé de ses deux enfants pendant huit ans, cette douleur personnelle devient un thème récurrent de ses oeuvres de l’époque.
Pendant huit longues années, il est privé de ses deux enfants restés coincés en Lituanie. Cette thématique devient récurrente dans ses œuvres de l’époque. Cette période difficile influence profondément son art et ses créations artistiques.
Il rejoint le conseil d’administration du Conseil de la peinture du Québec pour la période 1996-1997, amorçant ainsi son engagement actif dans les structures associatives du milieu artistique québécois.
Il devient membre du Conseil d’administration du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV) de 1998 à 2003. Il pratique la peinture et participe à de nombreuses expositions au Québec et à l’étranger.
Ses œuvres, d’une profondeur particulière, amènent souvent le public à réfléchir sur plusieurs aspects de la vie sociale. Certaines de ses expositions ont déjà provoqué un débat public sur le rôle de l’art dans la société.
En 1999, il fonde l’École des Beaux-arts de Montréal Artus (EBAMA) qui au fil des années devient l’école phare dans le domaine de l’enseignement classique des arts visuels à Montréal.
Très rapidement son école devient la plus en demande parmi les établissements d’enseignement de la peinture et du dessin. La compétence de ses professeurs ainsi que la rigueur des programmes développés par Nikolai Kupriakov ont propulsé EBAMA au niveau d’incontournable dans le domaine de la formation professionnelle en peinture.
Il obtient une Maîtrise en Conservation de l’environnement bâti de l’Université de Montréal, renforçant ainsi son ancrage intellectuel et professionnel dans sa terre d’accueil.
Après avoir critiqué la Politique d’intégration des arts à l‘architecture du Québec, il est expulsé du fichier ministériel. Il fonde un groupe militant pour réformer cette politique gouvernementale et la rendre plus inclusive.
En parallèle avec la pratique de la peinture de chevalet, il développe systématiquement la performance comme une forme de popularisation de la peinture. Ses interventions sont spectaculaires et ne passent pas inaperçues.
Il produit de nombreuses performances comme artiste invité dans des émissions de télévision, notamment ‘La fin du monde est à 7h00’, ‘Le Gala Artis de 2009’ et plusieurs autres. En juin 2009, lors du Festival du Grand Rire à Québec, il fait une prestation avec l’Orchestre symphonique de Québec dans le Grand théâtre de Québec.
Dans le contexte d’une lutte acharnée contre la discrimination des artistes professionnels du Québec, il produit en 2013 une œuvre contestataire où figure le portrait d’une juge de la Cour supérieure du Québec en excréments. Il est immédiatement réprimé par la police du Québec. Ainsi, sa lutte contre la discrimination se transforme en lutte pour la Liberté d’expression.
Nikolai Kupriakov se voit obligé de s’exiler afin d’éviter une arrestation imminente. Toutefois, même en exil depuis décembre 2013, il continue sa lutte et produit des performances dans lesquelles il peint les portraits de juges québécois ainsi que de personnalités policières en excréments dans diverses villes du monde, dénonçant la censure et la répression des libertés.
Autant dans sa création que dans son implication dans le milieu des arts visuels, Nikolai Kupriakov reste toujours fidèle à sa philosophie des arts fondée sur la démocratie et la liberté dans ce domaine.
